Systémique, par Rémy Génin – Printemps agile 2015

Rémy Génin nous a présenté la « Systémique », une séance riche voir très riche. La systémique est une approche au même titre que l’agilité. Il a donc tout au long de la présentation fait un parallèle entre ces 2 approches similaires mais pas identiques, et cependant compatibles. La systémique a été élaboré en 1958.

Premier point commun, ce sont toutes deux des approches empiriques, elles se pratiquent en faisant, on teste, on essaie, on change, on revient en arrière, …

Qui dit systémique dit système. Un système est un ensemble d’éléments en interaction pour un objectif commun.

Les fondations sont la relation entre les différents éléments, la qualité individuelle des personnes passe après la relation.

Il y a toujours une finalité positive à toute action réalisée, mais on ne la voit pas toujours de notre point de vue. Il faut alors recadrer sa vision pour trouver cette finalité positive et ainsi pouvoir discuter avec la personne a l’origine de l’action, si celle-ci est négative pour le système.

La systémique lutte contre les procédures, pas contre les processus. Les procédures sont les chemins qui permettent d’atteindre un objectif, ils n’ont pas besoin d’être définis. Les individus savent quel chemin prendre et ils peuvent même le modifier pour le rendre plus efficace. Le processus quant à lui indique un but, un objectif. Ce dernier est suffisant pour les éléments du système.

Le principe de totalité nous indique que le tout est supérieur à la somme des partis, lors du binômage, certains disent que 1+1=3. L’interaction des 2 premiers individus génère les idées qui auraient pu être apporté par une 3e personne, ce qui est un gain énorme de productivité. Lorsque vous êtes 6 répartis en 3 binômes, vous pouvez quasiment atteindre la productivité de 9 personnes travaillant seules.

Les systèmes sont toujours englobés par un système plus grand, l’objectif du système le plus englobant prime sur l’objectif du système englobé. Si une action apporte un bénéfice à un service mais devient négatif pour une entreprise cette action doit être annulée.

La systémique se base aussi sur le concept de rétroaction. Le postulat comme quoi une cause entraîne un effet puis une fin est faux. Pour la systémique, une cause entraîne un effet qui entraîne un effet qui entraîne un effet … de façon infinie.

Le « Pour quoi ? » (dans quel but ?) est important, le « Pourquoi ? » (la cause) l’est moins.

Pour résoudre un problème, il faut un mouvement dans le système, cela entraînera un changement qui peut permettre de résoudre un souci.

Mais attention, un système répond au principe de l’homéostasie : Il cherche toujours un équilibre et se stabilise. Si le changement est trop superficiel, il sera absorbé par le système et celui-ci reviendra à son état d’origine.

Un autre principe est que la réalité est construite environ 30% provient des sens (réalité de première ordre commune à tous) et 70% environ provient de nos souvenirs et expériences passées (réalité de second ordre propre à chaque individu). Le but est d’agir sur cette réalité de second ordre en élargissant notre vision en changeant de pont de vue et en agissant sur ce que perçoivent les individus et non ce qu’ils sont.

La systémique donne aussi des retours rapides. Si le message n’est pas compris il faut le reformuler pour s’adapter à son interlocuteur. Cela présume que l’interlocuteur ce sente assez en confiance pour indiquer qu’il n’a pas compris certaines choses.

Afin de mieux comprendre ce que perçoit notre interlocuteur, nous devons changer notre façon de penser grâce à un recadrage en ouvrant. Il faut éviter les prophétie auto-réalisatrice négative, si on dit à une personne « tu es mauvais », elle le sera.

Rémy nous a ensuite invités à regarder une conférence TED sur l’éducation positive.

Il indique que la systémique n’est pas un système binaire bien ou mal mais un système ou cela peut être bien et mal.

Afin de modifier un système, il existe deux types de changements :

  • Le type 1 : Adapter les règles existantes. Il est simple et indolore.
  • Le type 2 : Plus contraignant : remplacer les fondamentaux. Cela nécessite de l’apprentissage.

Cela doit toujours se passer dans le respect et l’écoute de l’avis de chacun des éléments du système.

Les outils pour mettre en mouvement le système et ses acteurs sont divers et variés :

  • Le questionnement
  • La réflexion
  • Le silence permet de prolonger sa réflexion

Ces outils permettent aux acteurs de trouver LEURS solutions et non pas les miennes. Elles seront donc plus facilement acceptées, manipulation positive.

Il faut susciter le désir. Être convaincant ne suffit pas, il faut montrer en quoi le progrès est positif. Il faut montrer le chemin et non pas l’emprunter à la place des personnes. Il faut se donner rendez-vous à un point (objectif – vision). L’important n’est pas le moyen de s’y rendre mais bien de s’y rendre.

Il faut, à intervalles réguliers, faire un état des lieux des points qui fonctionnent bien et un ce qu’il faut améliorer.

Explorer les solutions dans les expériences de chaque éléments du système pour voir si elles peuvent répondre au besoin du moment.

Ne pas hésiter à faire rêver, cela aide les personnes à passer le pas du changement. Recadrer en utilisant le « et » pas le « ou ». Imagine le pire est aussi un moyen de sauter le pas du changement, si le pire n’est pas trop atroce ;). Dire que l’on a une solution sans la dire, cela invite les gens à réfléchir en se disant qu’une solution existe, et qu’ils leur faut la trouver. Cela retourne de la manipulation bienveillante car réalisée pour les autres et non uniquement soi. Il faut cependant toujours s’adapter au contexte et non partir d’une base inexistante.

La finalité est le maître mot de la systémique : sans vision les personnes ne pourront comprendre l’intérêt du changement.

Les bonnes intensions ne suffisent pas, il faut réaliser les actions qui vont avec. Il n’y a pas forcément 1 ou 2 solutions mais peut être une 3e. Essayer d’aller dans le sens de l’interlocuteur pour comprendre son point de vue et voir comment ce point de vue peut s’intégrer dans le système.

C’est par le système auquel il appartiennent que les individus se définissent, il est donc important que celui-ci soit bâti avec eux (ex: un service).

Voici pour la présentation sur la systémique, forte intéressante et effectivement, elle partage pas mal de notions avec l’agilité.

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